2021 « Je voulais m'en aller mais je n'ai pas bougé »


Marseille, appartement avenue du Prado. Les personnages s’activent dans différentes pièces : dormir, se laver, manger, lire. Marc-Antoine Serra les a photographiés in situ et les photographies ont été exposées à la fois dans les pièces et dans les chapitres du livre. Le dernier chapitre contient un texte de Jean-Jacques Viton qui se trouve à la campagne ; le titre de l’exposition et du livre reprend celui d’un de ses livres publié aux éditions P.O.L.

P. Munda


2020 Le sourire de Rita Renoir


En 2020 à l’invitation de Marc Turlan et Jean-Pierre Blanc, j’ai participé au festival NU2 sur l’île du Levant. Durant ma «résidence» j’ai réalisé une série de photographies ayant comme modèle Nathan Gombert qui est un danseur du Ballet National de Marseille (LA)HORDE. J’ai découvert la maison et le fantôme de Rita Renoir, personnage dont j’ignorais tout. Cette artiste étonnante et en partie effacée aujourd’hui était effeuilleuse, actrice, chorégraphe… Cette série de photographies lui est adressée en hommage posthume.


2018 Walter Benjamin et Marseille

 
Walter Benjamin a donné de Marseille plus qu’une image, un sentiment prémonitoire de cette ville au contraire du devenir. Son expérience de flânerie et son observation des effets du haschich ont été publiées, dans un organe de presse allemand, le Frankfurter Zeitung, et reprises, en 1932, dans Les Cahiers du Sud en 1935 (N°168). Marc-Antoine Serra est allé à la rencontre de l’écrivain en imaginant une forme de lecture verticale où le texte de Benjamin fonctionne par fragments mosaïque articulés à des photographies de la ville. Cette lecture « image-texte » au sol sera progressivement effacée par les pas des visiteurs, exécutant ce "caractère destructeur" cher à Benjamin.

Bernard Plasse



2017 A backroom is a backroom is a backroom


Si le mot backroom est à lui seul un embryon de fantasmes inséparable des notions de labyrinthe, de pénombre et d’arrière salle, il trouvera ici un traitement d’une miraculeuse profondeur.

En 11 tirages pigmentaires + 1 vidéo (hommage à Walter Benjamin pour son Haschich à Marseille) Marc-Antoine Serra installe de véritables instants qualifiés dont une série de garçons sont les héros. Que révèlent ces corps déposés, d’une chasteté-obscénité si pénétrante qu’elle dérange, attendrit et soulage les regards qui s’y posent ?

Denis Roche avait raison : « Ce qu’il y a de formidable dans la photographie c’est tout ce qu’il y a autour ». Ici, c’est bien de l’avant d’un autour qu’il s’agit, celui là même qui touche à l’existence de ces « garçons sauvages » dont un Pasolini ou un Burroughs aurait pu rêver. Déplacés, suspendus au creux d’un intempestif décor effacé (la ville de Marseille) leurs visages comme leurs sexes (assoupis ou dressés) dérangent (dégenrent) l’identité même du désir. L’énigme du backroom rejoint ici celle du travail de la camera oscura avec, en balayage, un usage du trouble peu commun. Alors se pose une étrange question : sans glory hole, ces corps glorieux s’adressent-ils à un regard masculin ou féminin ?

Ici, la photographie, sa pratique (comme le hors champs qu’elle soulève) se trouve à la fois confrontée à la troublante question de l’identité sexuelle du regard désirant comme au contexte politique actuel de la circulation des corps. (…)

Liliane Giraudon

2017 Prétexte #4


Pour la quatrième année, le Festival actoral investit la Tour-Panorama de la Friche la Belle de Mai et invite des artistes et collaborateurs d’artistes de la programmation oeuvrant dans le champ des arts visuels à présenter des travaux entrant en résonance avec leur présence dans le festival.




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