– Tu vas aller voir les photos de Marc-Antoine ?

J’y suis. Viens ! C’est beau !

– Ah oui ? C’est quoi en fait ?

Des photos de mecs à poil qui fument des joints ou qui bandent. Avec des titres intellos comme dans celle où un mec tient sa bite et ça s’appelle « Le rapport du langage aux choses ». Ça m’a fait rigoler. C’est pas du male nude à la con.

– Mais c’est quel genre de mecs ?

Les prénoms c’est Medhi, Mboko ou Yasin. Tous la vingtaine. Tu sais bien qu’il aime les noirs et les Arabes.

– Comment ça ? Seulement eux ? Comme modèles ou comme amants ?

Comme modèles, comme amants, comme rouleurs de joints, tout ça à la fois ou séparément j’imagine. On nous raconte pas leur vie sexuelle dans les cartels. Le seul lien certain c’est la drogue. Douce.

– Ah oui bien sûr. Mais il vit où Marc-Antoine maintenant ?

À Marseille.

– Il est retourné à Marseille ?

Il a quitté Paris en tout cas. D’ailleurs ça m’a donné envie de revoir « Retour à Marseille » de René Allio. Y’a Raf Vallone dedans, c’est en 1980, c’est très beau.

– Ah oui… Mais quel rapport ?

Le destin. Le destin marseillais.

– Ça finit bien ce film ?

J’ai oublié. C’est justement pour ça que je veux le revoir. Tu viendras ?

– Chez toi ?

Oui. On invitera Marc-Antoine, vous roulerez des joints et il te dira pourquoi Walter Benjamin.

Thomas Doustaly